La circonscription de la Section Régionale Conchylicole s'étend de la frontière Belge au Mont Saint Michel. Bien qu'étant la plus jeune région conchylicole de France, c'est pourtant la première région de production avec 21 % de la production nationale d'huîtres et 25 % de la production nationale de moules en 2003. Si les premières concessions commencent à s'implanter dans les années 60 dans le département de la Manche et du Calvados, c'est vers les années 70 que la conchyliculture s'est vraiment développée. Concernant la Somme, les premiers parcs à moules ont été créés en 1980 et le Pas de Calais a suivi. La première concession ostréicole en Seine Maritime n'a vu le jour qu'en début 2004 à Veules les Roses.
LES PROFESSIONNELS PAR DEPARTEMENT
La conchyliculture en Normandie-Mer du Nord c'est 441 concessionnaires, dont 67 mytiliculteurs, 271 ostréiculteurs et 103 conchyliculteurs. Comme on peut le constater sur les graphiques ci-dessus, la Manche regroupe plus de 68 % des concessionnaires contre 17 % dans le Calvados et 5 % dans le Nord. Il existe environ 280 entreprises, dont 75 % d'entreprises individuelles (c'est-à-dire en nom propre) et 14 % sous forme sociétaire (GAEC, EARL, SCEA...).
LA REPARTITION DES PROFESSIONNELS PAR SECTEURS DE PRODUCTION
L'activité conchylicole principale en Normandie est l'ostréiculture. Certains secteurs se sont spécialisés dans ce domaine comme le bassin de Saint Vaast ainsi que la Côte de Nacre (Asnelles-Meuvaines). D'autres secteurs sont partagés entre la mytiliculture et l'ostréiculture comme le Sud Sienne (du Sud d'Agon jusqu'à Bréville sur Mer en passant par les Iles Chausey) et Sainte Marie du Mont. Enfin, les départements de la Somme et du Pas de Calais se sont spécialisés dans la production mytilicole.
SURFACE DE PRODUCTION D'HUITRES PAR SECTEUR
La Normandie compte environ 1120 hectares de surface de production d'huîtres sur son territoire. Cette production est répartie en 4 principaux secteurs de production Ouest Cotentin, Est Cotentin, Baie des Veys et Côte de Nacre, plus un nouveau secteur à Veules les Roses où il n'y a pour le moment qu'un seul professionnel.
Ce nouveau secteur compte pour le moment une seule concession expérimentale de 2 ha. Pour cette première année le professionnel a pu constater que la pousse est très faible à cause du mauvais temps et du positionnement des tables.
Cette saison, les ostréiculteurs ont constaté une faible pousse à St Vaast la Hougue, Lestre ou encore sur la Côte des Isles où les professionnels ont souvent une faible croissance sauf cas exceptionnel comme l'année dernière. Concernant Gouville sur Mer, Grandcamp Maisy et Sainte Marie du Mont, ils jugent la pousse moyenne. Le secteur qui a une bonne pousse cette année est Asnelles-Meuvaines.
Au sujet de la Côte des Isles, il y a un gros problème puisque les zones conchylicoles ne sont pas balisées et les professionnels retrouvent souvent des filets de pêche dans leur parc, quant ce ne sont pas des ancres, ce qui occasionnent parfois de gros dégâts.
Pour le moment, sur la Côte Est et dans la Baie des Veys, les professionnels n'ont pas constaté de mortalités aussi importante que les années précédentes. Il s'agit seulement de pertes liées au travail des poches.
Par rapport à la demande commerciale, les professionnels de la Baie des Veys ont remarqué qu'elle était plus précoce que les autres années et les huîtres sont vendues à un prix tout à fait convenable comparé à l'année dernière.
Par contre sur la Côte Est, la demande a démarré seulement à partir de la mi-juillet.
LONGUEUR DE PRODUCTION DE MOULES PAR SECTEUR
La production des moules s'étend de Chausey jusqu'au Pas de Calais. Il y a environ 330 km de bouchots concédés. Concernant les moules, on peut constater différents problèmes.
Tout d'abord la prédation des moules par les oiseaux. Dans le département de la Manche, tous les secteurs mytilicoles sont concernés par ce phénomène. Par exemple, les professionnels du secteur de Sainte Marie du Mont sont rendus à mettre deux gaines sur les pieux à moules afin de protéger leurs ensemencements et il n'est pas possible d'avoir des chantiers à naissain.
Une enquête réalisée par la SRC est en cours auprès des mytiliculteurs de la Manche afin de pouvoir obtenir un arrêté autorisant l'effarouchement sur tous les secteurs mytilicoles de la Manche.
Sur la zone de Bricqueville sur Mer, il a été constaté une légère diminution de la prédation qui peut être due à la création de la zone de dépôt des petites moules sur l'estran. Il existe 10 de ces zones, elles sont situées à Bréville sur Mer, Lingreville, Bricqueville sur Mer, Agon, Gouville sur Mer (2 zones), Pirou (2 zones) et Sainte Marie du Mont (2 zones). Les oiseaux se nourriraient d'abord dans ces zones au moment où la mer descend et à marée basse, ils seraient moins attirés sur les concessions. Pour le moment toutes les zones ne sont pas encore balisées et certaines doivent être modifiées pour différentes raisons comme le fait qu'elles ne sont pas assez accessibles, où que les petites moules ne s'évacuent pas avec les courants, ce qui crée un envasement.
Un autre phénomène qui s'amplifie, c'est la prolifération des sargasses. Ce sont des algues qui se développent en été. Les professionnels de Bricqueville sur Mer ont constaté que ces algues, qui il y a quelque temps étaient seulement cantonnées sur ce secteur, descendent plus au sud vers Lingreville. Les sargasses envahissent le pieu à moules et permettent aux prédateurs comme les perceurs ou les crabes d'y monter. Les algues brunes et vertes sont aussi un problème pour le tourisme car elles se répandent sur les plages ce qui oblige les communes à les enlever régulièrement sous peine d'odeurs désagréables.
Enfin, concernant la mytiliculture dans la Somme, les calamités agricoles ont été refusées aux professionnels de cette région pour les pertes qu'ils ont subis à cause de l'envasement en 2003.
Après avoir fait un tour d'horizon de toutes les zones, il existe un problème récurrent de vol estival des produits conchylicoles. L'impact de ces vols a surtout été important dans le sud Manche. Une note d'information rédigée par les Affaires Maritimes a été diffusée dans de nombreux journaux des régions de notre circonscription afin d'informer les touristes de leurs droits mais aussi de ce qu'ils pouvaient encourir. Par ailleurs, notamment sur Chausey, les professionnels ont demandé que la gendarmerie maritime soit plus présente.
Pour terminer, souhaitons aux conchyliculteurs d'avoir une bonne production et une bonne commercialisation à un prix convenable.